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AU PIED DU MONT HOREB |
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Roman jeunesse (Jean-Michel Touche - 10 / 14 ans)
Dans la nuit d'encre, l'effroyable clameur des Egyptiens nous glaçait le sang. En toute autre circonstance, leur détresse nous aurait blessé le cur. Mais il fallait s'en aller sans se retourner. Dans un désordre indescriptible malgré les efforts des plus anciens, les descendants des premiers Hébreux se mettaient en marche, lourds des vases d'or et d'argent dont ils avaient dépouillé les Egyptiens. Sans le savoir, à la suite de Moïse et d'Aaron, ils se dirigeaient vers le désert où Yahvé allait faire Alliance avec eux.
Moïse marchait le premier. D'un pas rapide. Un chant étrange sortait de sa poitrine. Un son grave et profond que je ne lui avais pas entendu chanter depuis longtemps. Ce chant qu'il modulait à bouche fermée, autrefois, à Madiân, lorsque nous allions dans le désert tous les deux. Sans qu'ils se fussent concertés, les chefs des différents groupes reprirent ce chant à bouche fermée. Rapidement, la colonne des Israélites ne fut plus qu'un chant superbe, cri d'espoir et d'amour qui s'élevait vers Yahvé.
Frédéric vint me rejoindre. " Tabouboué pleure ! " m'annonça-t-il. - Pourquoi ? Ça ne va pas ? - Ce n'est pas ça. C'est ce chant, Nicolas. Ça bouleverse tout le monde. Je ne sais pas comment l'expliquer. C'est comme si nous tous qui marchons, nous devenions une seule personne. C'est trop ! Tu connais peut-être ce chant depuis longtemps, toi. Moi, il me remue de l'intérieur. Mais Tabouboué, alors, tu ne peux pas savoir ! Elle dit des choses que je ne comprends pas. Viens !
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Au pied du Mont Horeb Un roman de Jean-Michel Touche |
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Un roman de Jean-Michel Touche
Dans la nuit d'encre, l'effroyable clameur des Egyptiens nous glaçait le sang. En toute autre circonstance, leur détresse nous aurait blessé le cœur. Mais il fallait s'en aller sans se retourner. Dans un désordre indescriptible malgré les efforts des plus anciens, les descendants des premiers Hébreux se mettaient en marche, lourds des vases d'or et d'argent dont ils avaient dépouillé les Egyptiens. Sans le savoir, à la suite de Moïse et d'Aaron, ils se dirigeaient vers le désert où Yahvé allait faire Alliance avec eux.
Moïse marchait le premier. D'un pas rapide. Un chant étrange sortait de sa poitrine. Un son grave et profond que je ne lui avais pas entendu chanter depuis longtemps. Ce chant qu'il modulait à bouche fermée, autrefois, à Madiân, lorsque nous allions dans le désert tous les deux. Sans qu'ils se fussent concertés, les chefs des différents groupes reprirent ce chant à bouche fermée. Rapidement, la colonne des Israélites ne fut plus qu'un chant superbe, cri d'espoir et d'amour qui s'élevait vers Yahvé.
Frédéric vint me rejoindre. " Tabouboué pleure ! " m'annonça-t-il. - Pourquoi ? Ça ne va pas ? - Ce n'est pas ça. C'est ce chant, Nicolas. Ça bouleverse tout le monde. Je ne sais pas comment l'expliquer : c'est comme si nous tous qui marchons, nous devenions une seule personne. C'est trop ! Tu connais peut-être ce chant depuis longtemps, toi. Moi, il me remue de l'intérieur. Mais Tabouboué, alors, tu ne peux pas savoir ! Elle dit des choses que je ne comprends pas. Viens !
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