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LA PROPHETIE DE SAMUEL

   

Roman jeunesse   (Jean-Michel Touche - 10 / 14 ans)

 

Au matin du septième jour, Josué appela les chefs des tribus et leurs fils. L'horizon rougeoyait de manière inhabituelle. De gros nuages lourds et noirs filtraient les rayons du soleil et les projetaient sur Jéricho comme pour l'incendier. Chacun comprenait que ce jour serait différent des autres

- Aujourd'hui, s'écria Josué, L'Eternel va nous donner la ville. Ecoutez-moi bien, vous tous. Nous allons faire sept fois le tour des remparts. À la septième fois, quand les prêtres sonneront de la trompette, vous devrez pousser le cri de guerre. Alors la ville tombera entre nos mains.

Une acclamation accueillit cette déclaration, que Josué eut bien du mal à faire cesser.

- Ecoutez-moi encore, reprit-il. Jéricho est le verrou qui commande notre passage en Terre Promise, et Yahvé va nous ouvrir cette porte. Aussi Jéricho doit lui être consacrée. Vous ne prendrez aucun bien, vous ne laisserez aucun survivant à l'exception de Rahab et de sa famille, car elle a protégé Elidad, Yeroham et Nacklas. Maintenant allons. Il est temps.

Sans qu'ils se fussent concertés, les chefs des différents groupes reprirent ce chant à bouche fermée. Rapidement, la colonne des Israélites ne fut plus qu'un chant superbe, cri d'espoir et d'amour qui s'élevait vers Yahvé.

 

 

 

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Au pied du Mont Horeb  Un roman de Jean-Michel Touche

 

Un roman de Jean-Michel Touche

 

Dans la nuit d'encre, l'effroyable clameur des Egyptiens nous glaçait le sang.

En toute autre circonstance, leur détresse nous aurait blessé le cœur. Mais il fallait s'en aller sans se retourner. Dans un désordre indescriptible malgré les efforts des plus anciens, les descendants des premiers Hébreux se mettaient en marche, lourds des vases d'or et d'argent dont ils avaient dépouillé les Egyptiens. Sans le savoir, à la suite de Moïse et d'Aaron, ils se dirigeaient vers le désert où Yahvé allait faire Alliance avec eux.

 

Moïse marchait le premier. D'un pas rapide. Un chant étrange sortait de sa poitrine. Un son grave et profond que je ne lui avais pas entendu chanter depuis longtemps. Ce chant qu'il modulait à bouche fermée, autrefois, à Madiân, lorsque nous allions dans le désert tous les deux.

Sans qu'ils se fussent concertés, les chefs des différents groupes reprirent ce chant à bouche fermée. Rapidement, la colonne des Israélites ne fut plus qu'un chant superbe, cri d'espoir et d'amour qui s'élevait vers Yahvé.

 

Frédéric vint me rejoindre. " Tabouboué pleure ! " m'annonça-t-il.

- Pourquoi ? Ça ne va pas ?

- Ce n'est pas ça. C'est ce chant, Nicolas. Ça bouleverse tout le monde. Je ne sais pas comment l'expliquer : c'est comme si nous tous qui marchons, nous devenions une seule personne. C'est trop ! Tu connais peut-être ce chant depuis longtemps, toi. Moi, il me remue de l'intérieur. Mais Tabouboué, alors, tu ne peux pas savoir ! Elle dit des choses que je ne comprends pas. Viens !